| ||||||||||||
|
Une région née de l'industrie forestière
Une page d'histoire qui a débuté dans les années 1840
Par rapport au reste du Québec, la colonisation de la Vallée-de-la-Gatineau fut relativement tardive, soit vers les années 1840, ce qui explique pourquoi son territoire demeure toujours aujourd'hui si sauvage et si naturel, tout en étant situé à moins de trois heures de route des plus grands centres urbains de l'est du Canada. Pendant près de deux siècles, la région fut parcourue par les explorateurs et par les coureurs de bois bien avant qu'apparaisse les premiers industriels de la forêt et que ne s'y développent des noyaux de colonisation.Samuel de Champlain, après avoir fondé la ville de Québec, a poussé son exploration du nouveau monde jusqu'au confluent des rivières Gatineau et Outaouais, un carrefour amérindien à cette époque du début des années 1600. La rivière Gatineau était alors la voie de navigation empruntée par les Amérindiens pour voyager entre les parties les plus éloignées de la Vallée de la Gatineau et le sud de l'Outaouais. Le secteur occupé aujourd'hui par le parc Jacques-Cartier et le Musée canadien des civilisations, à Hull, était un grand point de rassemblement.
Philémon Wright, fondateur de Hull, avait bien compris la valeur de cette richesse qu'on croyait alors inépuisable. On raconte ainsi qu'en 1800, lorsqu'il aborda sur les rives de la rivière Outaouais, c'est d'abord à l'embouchure de la rivière Gatineau qu'il s'établit. Ce choix ne correspond pas au fruit du hasard, puisque la rivière Gatineau allait être utilisée pour le transport du bois, mode de transport qui s'est perpétué jusqu'à récemment en raison des économies qu'il représentait. En effet, le territoire au sud de la Vallée-de-la-Gatineau fait l'objet d'une exploitation intense de 1800 à 1850, à tel point que, pour répondre à la demande des grandes scieries situées principalement à Hull, la partie nord fera l'objet d'une exploitation dans les décennies suivantes. Les bûcherons de Philémon Wright et d'autres exploitants qui suivirent par la suite empruntèrent donc la rivière pour remonter jusqu'au confluent des rivières Désert et Gatineau, à Maniwaki, où la compagnie de la Baie d'Hudson opérait déjà un poste de traite des fourrures. À partir de là, les hommes étaient dirigés vers les chantiers et, le printemps venu, ils retournaient à leurs familles. Mis à part les Algonquins, les responsables du poste de traite et quelques négociants, il n'y avait pas encore de réelle communauté d'établie. La présence de la rivière Gatineau favorisant la pénétration à l'intérieur des terres, les tout premiers à prendre possession du territoire, sis au sud de la vallée, seront surtout des Irlandais immigrés récemment au pays. Ainsi, en 1851, on retrouve ces Irlandais à Low et à Aylwin où ils constituent alors les quatre cinquièmes de la population, l'autre cinquième étant surtout composé d'Allemands et d'Écossais. Cette première poussée irlandaise qui occupera le sud du territoire sera suivie d'un second vent de colonisation amené, celui-là, par des francophones qui auront vite fait de s'emparer des territoires plus au nord, vers le milieu du 19e siècle. Parallèlement, à mesure que la coupe du bois progresse, le système agroforestier s'installe: le colon s'adonne aux activités agricoles durant la belle saison pour gagner les chantiers durant la saison hivernale. Les pères Oblats avaient eux aussi suivi le chemin des bûcherons pour renforcer leur mission d'évangélisation auprès des peuplades amérindiennes de la région de Maniwaki. On estime d'ailleurs que leur présence a grandement contribué à lancer le mouvement de colonisation de la Vallée de la Gatineau. De 1850 à 1900, la présence française s'affirme pour s'étendre finalement à l'ensemble du territoire de la région. Le nombre de francophones ira sans cesse grandissant jusqu'au début des années 1940 dans l'ensemble des agglomérations. Plaque tournante vers les territoires de coupe pour la compagnie forestière et centre de services pour les agriculteurs, c'est à Maniwaki que les commerces s'implantent et que les compagnies forestières établissent leurs assises. Au début du siècle dernier, Maniwaki connaît une progression importante et sa croissance marque le développement de la région. Avec la venue du chemin de fer qui reliait Hull à Maniwaki, en 1903, cette vocation de centre de services se dessine avec encore plus d'évidence. La distance et la faiblesse des moyens de communications vers Hull ont fait que cette vocation s'est ancrée et a contribué à faire fleurir l'économie de la région. Parallèlement, la ville de Hull s'est développée autour des industries de transformation liées à l'industrie forestière. Les usines s'établissent dans ce secteur où la matière première aboutit après avoir suivi le cours de la rivière. À Gatineau, notamment, la venue de la Compagnie Internationale de Papier (CIP) qui démarre un vaste complexe de transformation a contribué à la naissance de cette ville. Au début du siècle, la majorité des habitants de "Gatineau Mills" sont employés à la CIP. Jusqu'à cette période, le développement de Hull et de Gatineau est intimement lié à la forêt. On peut facilement dire qu'à cette époque, la forêt met du pain sur la majorité des tables de l'Outaouais québecois. Alors que du côté ontarien, la ville d'Ottawa a commencé à ressentir les effets de l'implantation de l'administration publique fédérale, à Hull, ce type d'emploi est pratiquement inexistant. Ce n'est qu'après la seconde guerre mondiale que la présence de deux paliers de gouvernement commencera à se raffermir du côté hullois, brisant l'unité et l'interdépendance de l'Outaouais urbain et de ses composantes rurales. La forêt cessera d'être l'élément moteur de la capitale régionale, pendant qu'elle demeurera la colonne vertébrale de la Vallée de la Gatineau. S'il faut reconnaître cet état de fait, il faut également convenir que les dernières années ont vu l'Outaouais amorcer un virage important qui pourrait contribuer à donner un sens véritable à cette région, particulièrement au niveau touristique. © 2001 Vallée-de-la-Gatineau.com
|
|||||||||||